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Dans "L'Ormée", ma "désarmée"...

Photo du rédacteur: jmdevesajmdevesa


Ma "désarmée" des morts poursuit son (petit) chemin en quête de lectrices et de lecteurs. Sur la route, elle bénéficie de l'attention d'ami(e)s sachant adroitement et finement interpréter un texte. Parmi eux : Vincent Taconet.


Vincent s'est penché sur Une désarmée des morts, comme auparavant pour ma Garonne in absentia (2021).


Et de surcroît Vincent a jugé bon de rentre compte de sa traversée du texte dans un article paru ce jour dans L'Ormée, le journal en direction des intellectuel(le)s édité par le PCF de Gironde.


J'ai ici le plaisir de le reproduire :


"Au cœur des tourments

La Désarmée des morts

 

par Vincent Taconet

 

Jean-Michel Devésa est un familier de L’Ormée, sensible, comme notre publication, à « l’intérêt des conflits », a fortiori quand ils ont pour moteur la lutte des classes, mais aussi à tout ce qui est humainement (et littérairement) nôtre.

 

Nous vous avons précédemment invité à lire Scènes de la guerre sociale (n° 125-déc 2020) qui rendait compte avec brio et pertinence de son immersion dans les manifestations des gilets jaunes, d’un samedi l’autre, pour l’essentiel dans les rues de Bordeaux.

 

Dans un autre registre, Garonne in absentia avait été l’occasion d’un appel à lecture et avait nourri un Fil rouge (N° 129, 2021/2022) aussi inhabituel que curieux.

 

Nous vous invitons maintenant à une immersion dans sa toute dernière publication la Désarmée des morts qui nous plonge dans l’atmosphère délétère et passionnante d’une famille (ou plutôt d’une lignée brisée) de propriétaires d’un domaine viticole, Barrouille, au cœur du pays médocain.

 

Quels repères vous proposer ? Ici, la littérature n’est pas un vain mot. Elle vous entraîne dans le tourbillon d’une « vision du monde » qui nous éloigne du monde pour nous en approcher. L’auteur précise trop bellement son intention (au cœur du roman !) pour vous en priver : « Son livre sera celui d’un Argonaute, lequel se noie dans l’écume d’Aphrodite… appelant dans un geste presque théâtral à la poursuite en chacun de ses lecteurs du sens inachevé de son conte et l’avènement de son discours faussement muet. »

 

Les enjeux de transmission de la propriété viticole entraînent des affrontements nourris par la collaboration (avec l’occupant !) des aristocrates terriens et la rapacité de leurs successeurs. Implicitement, deux « accidents » masquent dans cette famille bien décomposée ce qu’on nommera des dizaines d’années plus tard des tentatives, abouties ou non, de féminicides.

 

Nous voici donc dans un univers à la Balzac. On pense notamment à la richesse (« grâce à la révolution ») du Père Grandet, mais cette saga familiale court sur toute une lignée, et surtout, est interrogée parallèlement par une bouillonnante réflexion sur la création littéraire, la mise à nu du narrateur, ses amitiés particulières avec des écrivains puissants mais marginaux.

 

Jean-Michel Devésa prend des risques, les assume, et, prenant à partie le lecteur, ne lui propose ni divertissement ni avertissement, mais interrogations partagées. Ce faisant, l’ancrage et l’encrage du roman dans le Médoc et dans le vingtième siècle nourrissent la fascination d’un lecteur qui se gardera de confondre « le romancier et ses créatures ». Car, rappelons-le avec ce roman puissant et avec Elsa Triolet : « Le créateur, ce n’est pas parmi ses personnages qu’on doit le chercher, ses secrets sont dans sa manière de créer. »

 

Jean-Michel Devésa nous incite à une lecture active et complice. Ne nous faisons pas prier."






 
 
 

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