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Madrid des illusions lyriques

  • Photo du rédacteur: jmdevesa
    jmdevesa
  • 5 févr.
  • 3 min de lecture

Quelle surprise, ce matin ! Je ne m'attendais pas à ce que cette nouvelle page de mon "journal politique à travers ma mémoire et le monde", laquelle est consacrée à Madrid, soit publiée si vite, après sa rédaction et son envoi à la rédaction de Collatéral.


Je m'en réjouis donc !

Car ces feuillets font pendant à ceux, mis en ligne il y a quelque temps, qui évoquent "ma" Barcelone. Ainsi, mes lectrices et lecteurs pourront se faire une idée de ce qu'est mon "Espagne mentale", une Espagne épique, et mélancolique, avec un versant catalan et un autre castillan.


Mon texte consacré à Madrid commence ainsi :

"À l’aéroport Adolfo Suárez de Barajas, j’ai débarqué ce lundi 30 décembre en fin de matinée, filant aussitôt à l’hôtel, à un jet de pierre du cœur battant de la cité et, pour ce qui me concerne : le point névralgique dans les parages duquel depuis trente ans j’ai à chacun de mes différents séjours installé mes quartiers, y enluminant mon roman familial et y exaltant sans compter, et dans le débordement et l’excitation, les amours qu’en ces moments-là je cultivais. Dans un périmètre, délimité au nord par les jardins de la plaza de España et le monument à Cervantes, et, au sud, par la calle de los Cañizares, où se trouvait la Casa Patas, un fabuleux tablao de flamenco dont l’épidémie de covid a eu raison, j’ai donc pas mal roulé ma bosse et ma candeur. À l’intérieur de ce quadrilatère somme toute restreint, dont chaque côté s’étend sur une longueur équivalente à la distance qui sépare environ quatre stations de métro, presque un carré magique, j’ai en effet à de multiples reprises frotté et reposé ma carcasse : d’abord, calle de Alcalá, dans un très modeste établissement (aujourd’hui disparu) où Francesca avait réservé une chambre à mon nom seul, je l’y avais devancée d’une bonne demi-journée car, pour donner consistance à son alibi, en l’occurrence la visite à son père vivant dans une ferme près de Tolède, nous n’avions pas voyagé sur le même vol – la date exacte de notre escapade adultère m’échappe, j’en suis confus, et d’autant plus honteux que j’ai le sentiment que cet oubli attente à la mémoire de ma complice qu’un cancer fulgurant a par la suite emportée, était-ce en hiver, je me souviens du halo brumeux qui au crépuscule enveloppait nos étreintes, demeuré à Paris l’époux de Francesca a cru que celle-ci logeait chez sa sœur, laquelle exerçait comme dentiste près du Corte Inglés de la calle de Preciados et habitait en périphérie dans un pavillon résidentiel qui, à la fin de la parenthèse que nous nous étions ménagée, a abrité notre secret ; un peu plus haut en direction de Gran Vía, au Regina avant sa rénovation ; sur la plaza de Canalejas, dans un hostal au charme désuet, correspondant davantage à mes revenus, avant que ce secteur se transforme en temple du luxe, avec l’ouverture de Galerías, siège d’une douzaine d’enseignes pour richards et fortunés, et une hôtellerie haut-de-gamme ; et aussi calle Victoria ; et encore à l’Aguilar, carrera San Jerónimo, à proximité du Museo del Jamon. Cet espace urbain, dont les extensions, dans la réalité, jouxtent le Prado et, dans mon univers, les palais d’Esclarmonde et leurs dépendances, je l’ai idéalisé comme s’il exprimait la quintessence d’une Espagne et d’une Castille ambivalentes dans leur noblesse et leur allégresse, s’aventurant en fraise et en raideur dans le plaisir et la chair, et bravant le déshonneur et les flétrissures même dans les supplices et le sang. Au fil des années, j’en ai fait un territoire d’élection qui, de ses merveilles, m’a comblé et, de son chant profond, a oint mes chagrins, mes déceptions et ma délirante candeur."


Vous pourrez le lire intégralement en suivant ce lien :



Voic des photos (en plus de celles que vous trouverez sur Collatéral) pour accompagner ces lignes.













 
 
 

1 Comment


nxpetkova
Feb 14

Un texte transcendant.

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