Dans "Faites entrer l'infini" de janvier 2026
- jmdevesa
- 17 janv.
- 2 min de lecture
Ce samedi matin, le facteur m'a apporté la dernière livraison de la magnifique revue Faites entrer l'infini, le numéro 79 de janvier 2026. J'en ai eu le souffle coupé. Il faut dire qu'il y a de quoi...
Vincent Taconet, d'Espaces Marx-33, m'a mis en relation avec François Eychart (dont je connaissais plusieurs textes mais que je n'avais jamais rencontré). très vite il a été question que je lui donne un texte inspiré par une lettre inédite de Léo Ferré à Louis Aragon. L'idée m'a immédiatement séduit : Léo Ferré est mon idole depuis mes quinze ans et je regarde Aragon comme un poète majeur, un des acteurs décisifs du surréalisme, un immense romancier, l'auteur de ce livre sublime qu'est Le Fou d'Elsa. Je me suis donc, courant 2025, acquitté de cette tâche agréable et stimulante pour mes pauvres méninges.
Ce "devoir" m'a conduit cet automne à retrouver Eychart dans une brasserie parisienne qui, près de la Sorbonne, a souvent abrité mes rêves et mes fantômes, notamment dans les années 1970 et durant la décennie 1990. Nous avons ainsi eu l'occasion de longuement parlé de la littérature d'aujourd'hui, de sa fadeur, de la poésie, de la nécessité selon nous d'articuler révolution politique et révolution culturelle, d'Aragon, de Breton, de Crevel, du monde comme il va (c'est-à-dire : mal, pour les peuples et les opprimés), de l'espoir auquel nous ne voulons pas renoncer, auquel nous ne pouvons pas renoncer, aux voies et moyens de lui redonner quelque éclat, de la façon dont nous pourrions nous y employer. En cette fin d'après-midi, dans le crépuscule parisien, François Eychart avait été net et clair : "Ce que vous pouvez-vous, Jean-Michel, dans ce combat, la part qui peut être la vôtre dans cette lutte, c'est simple : écrivez des romans, continuez d'en écrire..."
Et puis les semaines ont passé, le tournant de l'année s'est présenté à nous, nous avons échangé nos voeux.
Or, ce matin, Faites entrer l'infini me parvient. Et c'est un choc. Mon nom sur la couverture. D'abord. Eychart ne m'avait pas prévenu. Mon article sur Ferré et Aragon en bonne place et fort bien illustré. Et de surcroît : la reprise du petit "papier" que j'ai consacré à Elsa triolet et à son Roses à crédit pour Liberté Actus. Première surprise. Et puis une autre, monumentale, la critique de mon dernier livre publié Une désarmée des morts (Le Temps des Cerises, 2025) par Vincent Taconet : deux pages analysant ma prose, tant du point de vue de mon projet esthétique (écrire une histoire brodée à partir de ce que j'ai vu ou vécu, en lien avec la grande histoire, celle de la lutte des classes, et en rapport - par association - avec ce qui trame ma psyché) que de ma poétique (mon ouvroir de langue).
Que dire ? Rien. François et Vincent m'ont comblé. Merci à vous, mes amis mes camarades. Je ferai en sorte de ne pas vous décevoir : sur le plan littéraire et en tant qu'humain, dans les défis que nous avons à relever, à l'horizon de 2027, en particulier. Dans cette perspective, je croise les doigts pour que ma Cadavérée (à paraître en 2026) vous touche avec la même intensité que la Désarmée.







Commentaires