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à Hélène Perlant, une lettre de loin...

  • Photo du rédacteur: jmdevesa
    jmdevesa
  • 15 avr.
  • 3 min de lecture

Comment débattre, discuter, penser, exprimer des réserves, lui objecter des arguments, lui faire part de craintes et de points de vue ne correspondant pas forcément aux siens ?


La revue en ligne Collatéral (animée par Simona Crippa et Johan Faerber) m'en a donné l'occasion en publiant ce jour un texte concernant le livre, Le Déni (Michel Lafon, 2026) qu'Hélène vient de faire paraître. Je veux tout d'abord remercier les deux fondateurs de Collatéral d'avoir rendu possible cet "adresse". Et formuler un voeu : que Collatéral continue, comme l'avenir, longtemps !


En suivant ce lien, vous trouverez aisément cette "lettre" :


J'ai rencontré Hélène Perlant à Bordeaux, lors d'un après-midi que j'avais organisé autour et en présence de Julia Kristeva. Immédiatement le courant est passé. Une amitié s'est nouée, elle a grandi, elle s'étoffe. Au début, nous habitions la même ville ; désormais, 1200 kilomètres nous séparent - la distance ne change rien à notre "affaire", nous poursuivons notre dialogue, dans les rires et les passios heureuses, en référence aux "outils" philosophiques et littéraires que nous regardons comme des "boussoles", ce sont souvent les mêmes que nous utilisons, il y en a cependant qui ne nous sont pas communs, c'est dans l'ordre des choses.


Hélène Perlant me lit. Je veux dire qu'elle lit ma littérature. A Duras, il y a quelque temps elle m'a interrogé à propos de ma Désarmée des morts (Le Temps des Cerises, 2025). Le 24 septembre prochain, à la Librairie Olympique, aux Chartrons (Bordeaux), elle va me mettre en position de "parler" de ma "Cadavérée".


Bref, on a compris qu'entre nous existe un lien intellectuel fort.


Il n'empêche que nous ne sommes pas d'accord sur "tout" ; nos sensibilités diffèrent, je participe du "pessimisme de l'intelligence", elle plutôt de "l'optimisme de la volonté" (Gramsci).


Pour chroniquer son ouvrage, Le Déni, il m'a semblé que la forme "lettre" était la plus judicieuse : une manière aussi de rompre, en actes, avec les pratiques de notre époque. Comme l'usage rhétorique du "vouvoiement" (sauf TRES RARES exceptions, les écrivaines et les écrivains que j'ai modérés dans ma vie académique et pendant mes activités littéraires, je les ai toutes et tous vouvoyer, même quand il s'agit de proches, voire d'intimes. Maintenir une certaine "forme", une certaine "tenue", voilà qui me paraît important - Breton, Aragon, Crevel, Sartre, et beaucoup d'autres, nous aident à ne pas sombrer dans le verbiage et la "novlangue", la résistance au fascisme qui est là - déjà ! - elle exige aussi de refuser de "mouliner" (à la Ubu) la langue, non pas pour la conserver tel q'un monument, mais pour d'une part déjouer la transmission des normes de domination par son canal et d'autre part disposer d'un riche instrument de pensée et d'expression (avec un lexique élargi et une maîtrise syntaxique avérée). C'est ce que j'ai essayé de faire avec cette "lettre de loin". Avec un objectif supplémentaire : un bon livre, c'est un livre qui donne à réfléchir, ce n'est pas forcément un texte auquel on n'adhère entièrement. Il en est de même pour une démarche, une attitude, une position. Dans le cas contraire, on demeure dans le religieux, le catéchisme, la foi du charbonnier.


Vous devinez la conclusion de ce "billet" : Le Déni de Hélène Perlant m'a fait réfléchir et penser. Je vous invite à le lire, à votre tour, crayon en main.



 
 
 

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